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Concept VW roulant XL1 hybride électrique/diesel produit finalement à 250 exemplaires.photo internet

 

BlueMotion, Airdream, Eco 2, BlueLion,.... on a le sentiment qu'il y a pratiquement autant de désignations "vertes" que de marques. Pourtant il n'en est rien même si les labels sensés abriter des versions de véhicules mécaniquement optimisés ont fleuri depuis quelques années.

Si derrière certaines appellations se cachent de réels efforts et des performances technologiques, d'autres ne sont toujours que de la poudre aux yeux dont le seul objectif est de masquer le retard technique à un moment donné (plus ou moins volontaire) par une politique marketing donnant juste l' illusion d'être écologiques. A renfort de technologie plus ou moins aboutie pour certains, ou par de simples tours de passe passe pour d'autres,les origines de ces labels proviennent de l'instauration de la norme "Euro" mise en place 1993. Mais c'est en 2007 que l'Etat a "l'idée" d'influencer, chez nous, le marché automobile en collant à cette norme le bonus/malus écologique afin de dynamiser le marché du VN tout en incitant à acheter des véhicules moins polluants. Si le système d'homologation des véhicules et le calcul de leurs rejets polluants est le même pour tous les constructeurs, certains décident d'aller plus loin en développant des versions à basses consommations (pour rentrer dans la grille du bonus gouvernemental) et en créant un label interne. Dès lors les termes que vous connaissez sûrement fleurissent d'autant plus que les constructeurs doivent faire bonne figure non pas sur le seul marché français mais sur tous les différents marchés qui constituent l'Europe et qui ont leurs propres gouvernements et donc leurs propres règles internes en matière de politique écolo-fiscale.Avant même que l'opinion publique ait pris conscience du respect de l'environnement, l'Etat a bien compris la manne financière dormante qu'il fallait développer.

Le problème c'est que derrière ces termes se cache une règle du jeu interne, propre à chaque constructeur, qui fait parfois passer certaines voitures polluantes comme étant écologiques ! Moralité un véhicule non optimisé par un constructeur (appellation normale) ne polluera pas plus qu'une version revendiquée comme "optimisée" d'un autre constructeur qui lui aura collé une désignation verte ! Cherchez l'erreur...

La première difficulté  au début a été, pour les constructeurs, de faire passer la pilule à l'acheteur. Proposer une version du même moteur en moins polluant c'est avouer que, depuis le début, les voitures polluaient sans scrupules alors même que les constructeurs pouvaient faire nettement mieux !  C'est un peu comme dans la téléphonie mobile. Il a suffit qu'un nouvel opérateur ait "tout compris" pour faire prendre conscience aux abonnés que les autres dont le fameux opérateur "historique" s'était largement "gavé" pendant des années sur son dos.

Certes des concepts cars à tendance écolo avaient régulièrement été développés et présentés depuis de nombreuses années. Mais pour la série rien ou si peu. Il faut dire que les quelques tentatives étaient souvent vouées à l'échec commercial avec, en plus, une véritable punition au niveau de l'agrément de conduite. Je retiendrais, en préambule à la date de sortie des labels, deux modèles dont certains se souviendront peut être : la VW Lupo 3.0 litresTDi (1999-2005) qui avait été homologuée à 2.99 litres/100 kms (d'où l'appellation 3.0 litres). Je relate d'ailleurs l'histoire de ce modèle dans mon blog : http://zoomautoblog.canalblog.com  . L'autre est plus discrèt puisqu'il s'agit de l'Opel Astra II version Eco 4 (2001-2003) pour...4 litres de moyenne, et qui a été la réponse de General Motors à VW. Dans les deux cas la baisse des consommations était là mais le plaisir de conduite avait bel et bien été mis dans la boîte à gants !

Suite à ces quelques tentatives et surtout aux incitations fiscales, les constructeurs ont donc sorti leurs propres labels mais en définissant eux même leurs critères. De ce fait d'importantes disparités se sont créées d'une marque à l'autre et ce sur les mêmes segments de véhicules. Pourtant rapidement certains d'entre eux ont véritablement sortis des systèmes intéressants avec de réelles innovations pertinentes se traduisant sur la route part des consommations véritablement en baisse. L'innovation a toutefois des limites qui sont notamment l'agrément et le surcôut lié à cette technologique. Certaines de ces versions avaient en plus un prix de vente délirant et donc difficilement rentables même pour les gros rouleurs. A cela s'ajoutait un coût d'entretien en hausse et une fiabilité pas toujours (voir souvent) au rendez vous. Ainsi ce que donnait d'un côté le constructeur via l'Etat avec ces bonus (donc le contribuable) il le récupérait décuplé en après vente, en entretien mais aussi pour la réparation, celle ci étant alors indispensable et ce avec une modification technique interdite voir souvent impossible. La double peine en quelque sorte. 

Les labels "écolos" ont commencé à arriver en 2007, Volkswagen ayant ouvert le bal dès 2006 avec une Polo version BlueMotion très repérable avec son aérodynamisme intégral totalement revu. Valables pour les moteurs diesels mais aussi pour les essences, chaque constructeur (ou groupe) les a définis selon certains critères. Les voici détaillés dans leur ordre d'année d'apparition sur le marché avec une note de qualité technique et d'efficacité.

- BlueMotion lancé chez Volkswagen en 2006 devenu BlueMotion Technologie : Le bleu étant la couleur du respect de l'environnement chez Volkswagen, de gros moyens sont déployés pour limiter les émissions des différents polluants : boîtes aux rapports supérieurs allongés, récupération de l'énergie au freinage, aérodynamisme affiné sur mais aussi sous la voiture, pneus à faible résistance, jantes ou enjoliveurs de roues profilés, assiette abaissée de quelques millimètres, système stop/start, affichage des changements de rapports au tableau de bord. C'est plutôt complet et efficace. Le label est exploité commercialement puisqu'une plaque est disposée à l'arrière des véhicules 18/20

- Greenline lancé par Skoda en 2007 devenu GreenTec : Pneus à faible résistance, aérodynamisme légèrement modifié, récupération de l'énergie au freinage, stop/start ainsi que, sur les versions essences, les derniers rapports de boîte rallongés avec filtre à particule. Moins de moyens que VW mais néanmoins de l'efficacité le tout pour obtenir un prix de vente plus abordable que ceux de la maison mère. Le label est exploité commercialement puisqu'une plaque est disposée à l'arrière du véhicule (Greenline) 15/20

- BlueLion lancé par Peugeot en 2007 : label accordé pour les modèles émettant moins de 130g de CO2. De la poudre aux yeux même si certaines versions (207 / 208) sont optimisées avec des rapports de boîte plus longs, des pneus à faible résistance ou encore un aérodynamisme légèrement affiné.Seul le système stop/start avec alterno-démarreur très efficace sur les modèles Euro 5 avait un réel intérêt. Cette technologie étant jugée trop contraignante, pointue et coûteuse, le stop/start est devenu classique à partir des nouveaux moteurs diesels Euro 6 BlueHDi. Le label n'est pas mis en valeur : pas de plaque ni autocollant sur les véhicules.  08/20

- Airdream lancé en 2007 par Citroën. Les critères sont les mêmes que chez Peugeot mais sans aucunes versions spécifiques. Le label n'est pas mis en valeur : pas de plaque ni autocollant sur les véhicules. 08/20

- Econetic lancé par Ford en 2007. Rapports supérieurs de boîte rallongés, programmation moteur spécifique, huile de boîte et de moteur à basse friction, assiette abaissée, pneus à faible résistance, aérodynamisme affiné. Il s'agit, chez Ford, de modèles et d'une finition à part dans la gamme (Fiesta, Focus, Mondeo par exemple). Les modèles équipés de cette technologie ont un agrément bien en dessous des versions non Econetic munies de ce label interne. Interressant pour les gros rouleurs ne recherchant pas forcement l'agrément routier au quotidien. Le label est exploité commercialement puisque les véhicules concernés ont été badgés " econetic". 16/20

- EfficientDynamics lancé par BMW en 2007. Récupération de l'énergie au freinage avec indication au tableau de bord, programmation spécifique du moteur, rapports supérieurs de boîte allongés, pneus à faible résistance avec jantes aluminium profilées, aérodynamisme affiné, assiette surbaissée. Le résultat est assez convainquant. Le label est exploité commercialement puisqu'un autocollant est posé sur la lunette arrière.17/20

Eco2 lancé par Renault en 2007. Pas de seuil minimum de CO2 à atteindre comme c'est le cas chez PSA mais label attribué à la meilleure version de chaque modèle suivant leur motorisation et leur type de boîte de vitesse. En fait Renault déclare attribuer ce label pour les versions et modèles répondant à "3 critères écologiques en terme de fabrication, d'émission de CO2 et de recyclage". Moralité le label est donné comme des bons points et ne signifie pas grand chose. Seul le système stop/start est visible. Sur les nouvelles générations le programme dit "Eco" est disponible via une commande dans l'habitacle. Son seul effet est de brider tout simplement la puissance et le couple du véhicule pour consommer moins. C'est un peu comme le pain. On consomme 1/2 baguette alors pourquoi acheter 1 baguette entière au risque d'en consommer les 3/4 ! Le label est exploité commercialement par un autocollant posé sur la lunette arrière.06/20

- Ecomotive puis E Ecomotive lancé par Seat en 2007 : Rapports supérieurs de boîte allongés, pneus à faible résistance, aérodynamisme affiné, assiette abaissée, stop/start. On est assez proche de la démarche de Skoda à moindre coût, le prix de vente devant rester relativement proche des autres versions. Les versions E Ecomotive sont les versions les plus "écologiques" de leur catégorie ( par rapport aux Ecomotives). Le label est exploité commercialement puisque les véhicules sont badgés à l'arrière. 16/20

- BlueEfficiency  lancé par Mercedes en 2008. Assiette abaissée, stop/start, pneus à faible résistance, aérodynamisme légèrement affiné, reprogrammation de la direction assistée, utilisation de certains matériaux plus légers. Essence, diesel, le label est disponible sur toute la gamme même les lourds 4x4. Pertinence très relative plus proche du cas de conscience que de l'efficacité. Le label est exploité commercialement puisque les véhicules sont badgés sur les ailes avants. 12/20

- EcoFlex lancé par Opel en 2008. Pneus à faibles résistance, stop/start, aérodynamisme retouché. Il s'agit avant tout à de la poudre au yeux car le label est attribué pour les moteurs les plus bas en CO2 et ce par modèles. Moralité toutes les gammes Opel ont leurs "Ecoflex". Le label est exploité commercialement puisque les véhicules sont badgés à l'arrière. 07/20

- Pure Drive lancé par Nissan en 2008. La version Eco2 de Nissan. Logique puisque tout est commun entre les deux marques. Stop/start de rigueur sur les diesels et les essences. Ce label disparaît de la gamme pour laisser la place à des versions moteurs dites Drive E. Le label est (mieux) exploité commercialement puisqu'une plaque est posée à l'arrière des véhicules. 07/20

-DRIVe lancé par Volvo en 2008. Fidèle à la tradition maison en matière d'innovation, Volvo traite le problème sur tous ces modèles y compris avec les moteurs qu'il achète (moteurs diesels PSA par exemple). Aux modifications faites et à la gestion modifiée, le constructeur rajoute l'aérodynamisme affiné avec jantes profilées avec pneus à faible résistance, l'assiette de la voiture abaissée, les lois de la direction assistée ré-étalonnées, ainsi que de l'huile basses frictions pour la boîte de vitesses avec conseils de changement de rapport au tableau de bord. Moyens importants, résultats convaincants avec un bémol sur les gros SUV. Le label est exploité commercialement puisque les véhicules concernés sont badgés "DRIVe". 16/20

- Cleartec lancé par Mitsubishi en 2009 sur les moteurs essences devant prendre le relai des diesels non homologués à la norme Euro 5. Système stop/start assez contraignant, récupération de l'énergie au freinage. Le but était, pour la France de faire rentrer les voitures dans la catégorie des "bonus" écologiques. 12/20

- Ultra lancé par Audi en 2013. La programmation moteur est spécifique visant à améliorer les rendements avec des rapports de boîte allongés. Aérodynamisme affiné, voiture plus légère, pneus à faible résistance avec assiette abaissée. Il semble qu'Audi exploite enfin ces années de recherches et d'études étroitement liées à la compétition puisqu'elle a gagné à de multiples reprises les 24h de Mans avec des moteurs essences, des diesels et à présent de l'hybride. Le label est exploité commercialement puisqu'une indication "Ultra" est positionné à l'arrière de la voiture. 18/20

Pourtant après quelques années d'exploitation, certains labels utilisés (les moins pertinents en fait) se sont tout simplement dilués dans les gammes au point de finir, chez certains, au rang de simples options. Pour reprendre la main et donner de la visibilité sur le plan du respect de l'environnement, les constructeurs ont tendance aujourd'hui à créer de nouveaux labels destinés au coeur du problème : le duo moteur/boîte de vitesses. En effet les "accessoires" qui allaient autour touchant notamment l'aérodynamisme ont intégré le cahier des charges des nouveaux modèles. Ce qui a été néanmoins remarquable pendant ces quelques années c'est que le client lambda ne se rendait pas forcement compte des réels progrès technologiques. Je l'ai souvent dit : La nouvelle génération d'un certain modèle ne consomme pas plus que celle qu'elle remplace tout en étant plus grosse en taille et surtout en accusant entre 100 à 150 kilos de plus sur la bascule ! C'est ce point qui a été remarquable et très souvent passé inaperçu. Puis, l'exigence des normes Euro aidant, les constructeurs ont du s'attaquer à cette surcharge pondérale. Les résultats ne se sont pas fait attendre et ce même sans forcer le talent, le but à demi masqué de certains étant de répondre à la dernière grille gourvernementale bonus/malus du moment. A présent pour remettre leurs capacités techniques sous le feu des projecteurs, certains constructeurs donnent de  nouvelles appellations à leurs créations technologiques. On trouve donc Energy chez Renault, Ecoboost chez Ford, Drive E chez Volvo, BlueTec chez Mercedes, BlueHDi et PureTech chez PSA ou encore Skyactive chez Mazda qui est d'ailleurs le seul constructeur à ne pas avoir utilisé la voie du downsizing visant à réduire les cylindrées des moteurs mais en préférant  privilégier le travail sur les taux de compressions.

Pour ce qui est de PSA il est d'ailleurs dommage, à mon sens, qu'ils n'exploitent, sur le plan du marketing, que le BlueHDi voir e-HDi en apposant une plaque sur les véhicules ( à l'avant ou à l'arrière). La génération essence PureTech n'est curieusement pas exploitée alors même qu'il s'agit de nouveaux moteurs performants, agréables et moins polluants.

Enfin, il ne vous aura pas échappé que certains constructeurs sont absents soit par ce qu'ils ont des moteurs de trop petite cylindrée ne nécessitant pas de développements véritablement spécifiques et coûteux (Fiat par exemple qui a juste développé le MultiJet puis le MultiAir), soit par ce qu'ils proposent des alternatives qui ont fait leurs preuves avec de l'hybridation (Toyota ou Lexus par exemple). D'ailleurs c'est bien l'hybridation qui est retenue à l'avenir pour les marques de luxes ou de sport ne disposant que de gros moteurs (Rolls Royce, Ferrari, Lamborghini....) et qui seront contraintes de répondre aux directives européennes en matière de moyenne de CO2 au niveau de leur production globale. L'expérience assez désastreuse sur le plan de l'image de l'Aston Martin Cygnet alias la Toyota IQ n'est donc pas prête de se renouveler. L'histoire ce cette fausse Aston est également disponible sur mon blog :  

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Ce blog a pour objectif de faire découvrir ou redécouvrir des modèles oubliés et méconnus de la production automobile où peu d'informations circulent sur le web. Chacun avec son histoire ou sa particularité est toujours intéressant.

http://zoomautoblog.canalblog.com

 Frédéric Bourdiaux 06/09/2015