A la une des comportements routiers lors des dernières grosses hausses de tarifs du pétrole, l'écoconduite s'est en fait peu à peu inscrite au fil du temps dans les nouvelles habitudes au volant. Contrairement à ce qui se produisait jusque là, la baisse des cours du baril n'a rien changé à ce qui semble être devenu à présent une nouvelle attitude dans l'utilisation au quotidien. Prise de conscience, phénomène de mode ou réelle nécessité ? Certainement un peu des trois, mais il est très clair que depuis la menace d'un prix du litre à 2€, l'utilisateur s'est mis à faire attention de façon assez drastique et que ce phénomène perdure une fois cette énième flambée des prix retombée. En paralèle, il ne faut pas perdre de vue que les voitures modernes au fil des générations consomment moins  de carburant que les modèles qu'elles remplacent en étant à présent enfin plus légères mais en étant technologiquement plus pointues et ce avec ou sans programme intégré voué à frauder comme l'a reconnu le groupe VW. 

La chasse au gaspi a débutée voilà quelques années et c'est l'administration qui s'en est d'abord emparée en formant les utilisateurs de véhicules dans certains services comme La Poste. Conscient de la manne financière et du bien fait budgétaire et écologique de l'opération, certaines sociétés spécialisées se sont joint au mouvement en proposant des stages de formation destinés aux entreprises et leurs flottes de véhicules puis, plus récemment, aux particuliers utilisateurs plus ou moins réguliers de leur propre véhicule à défaut de véhicule propre.

Longtemps la conduite dite écologique était synonyme de performances pas toujours faciles à atteindre mais surtout de profond ennui derrière le volant. Pour peu que certains constructeurs proposent dans leur gamme (dans les années 90) des modèles optimisés allant dans ce sens (VW Lupo 3 litres présente dans mon blog "zoom auto blog", Opel Astra Eco 4, etc...), et elle devenait une véritable punition pour gagner quelques décilitres ! 

Mais revenons à la base même du problème.Les cours du pétrole fluctuent en permanence avec un prix à la pompe qui suit bon an mal an le mouvement dans un sens comme dans l'autre même si les répercutions à la baisse sont souvent sujet à polémique car jugées moins rapides que les hausses. Cela étant c'est bien l'Etat et toutes ces taxes qui représente la plus grande part du pris final lorsque l'on remplit le réservoir. Moralité consommer moins ou se déplacer moins en période de prix à la pompe élevé est priver l'Etat de revenus importants. Compte tenu du budget nécessaire pour se déplacer, des sanctions de plus en plus régulières liées aux radars automatisés ou mobiles généralisant l'impression du "on ne peut plus rouler", de plus en plus d'entres nous se tournent vers cette nouvelle tendance de conduite confortés par l'idée que "certains" veulent faire passer du bien pour la planète. Le bien pour la planète est certainement de ne plus rouler mais est ce encore envisageable dans notre société ? Et consommer moins n'est pas forcémment synonyme de polluer moins. A l'instant "T" certainement surtout avec les systèmes de plus en plus sofistiqués de dépollution. Sauf qu'en phase de dépollution du système.... on préfère ne même pas mesurer les dégats. Bref autre débat. Au delà de cela si la voiture plaisir existe encore grace à l'imagination des différents constructeurs pour nos w-e, la semaine pour travailler c'est bien la réduction du budget pour aller d'un point A à un point B qui nous préoccupe ! 

Etape 1 : Optimiser sa voiture avant même de démarrer :

Les pneus doivent être à la bonne pression et tenir compte de la charge embarquée. Celle-ci est à réaliser tous les mois (sauf pour les gonflages à l'azote si celui-ci est réalisé dans les règles de l'art). Un pneu sous gonflé entraine une usure irrégulière du pneumatique mais aussi une surconsommation.

La climatisation doit être utilisée quand cela est nécessaire. Pour rappel elle est aussi utile l'été (5 degrés maxi d'écart avec l'extérieur sous peine de choc thermique) que l'hiver (buée) et doit fonctionner au moins 1 fois par mois sous peine de faire sécher le circuit et les joints en laissant échapper le gaz renfermé dedans (avec un mauvais coup pour la planète). Cependant, une utilisation optimisée doit permettre le gain d'environ 0.5 litres/ 100km. Si les climatisation régulée sont plus confortables et donnent le sentiment de fonctionner en permanence, elles sont pourtant plus efficaces et moins énergivores qu'une version à gestion manuelle avec des montées et baisses de températures plus marquées.

L'aérodynamique de la voiture est importante. Comme sur un vélo,dans une descente, votre vitesse évoluera sensiblement selon votre position droite ou allongée sur le guidon. Il faut donc proscrire les glaces ouvertes et autres galeries ou coffres de toits inutilisés qui vont necessiter quelques décilitres supplémentaires pour réaliser le même exercice.

La température moteur est importante. Un moteur chaud est un moteur qui a un meilleur rendement et donc auquel on pourra espérer diminuer la consommation. Un moteur froid est obligatoirement plus énergivore. Couplé à des petits trajets citadins, c'est l'encrassement qui vous guette et des consommations en hausse.

Etape 2 : La connaissance de votre voiture :

Si le format du véhicule peut avoir une incidence notable notamment de part leur poids pour les 4x4 et autres gros monospaces, c'est l'energie utilisée qu'il faut prendre en compte. Ainsi une voiture à essence ne se conduit pas de la même façon qu'un diesel et encore moins qu'une hybride. On aura d'ailleurs pour cette dernière version une attitude naturelle proche de celle d'un véhicule électrique où anticipation et autonomie sont intimement liés. 

La boîte de vitesse aura elle aussi son importance. Manuelle, c'est à vous d'appliquer la bonne méthode. Automatique classique ou à variateur il vous faut utiliser le bon programme qui est, sur les versions récentes, prévu dans le choix des programmes avec généralement un mode dit "Eco". Pour les plus anciennes le mode "Drive" est à utiliser en permanence en prenant soin d'oublier le mode "Sport".

 

Etape 3 : la méthode :

Contrairement aux idées reçues, au démarrage il faut accélérer de manière franche mais sans excès. En fait c'est là que se fait l'essentiel de la différence. Il faut faire décoller la "bête", et pour cela il faut de l'énergie. Ce n'est pas un hasard si la motorisation hybride joue pour cette partie sa carte électrique, car ayant un couple maxi instantané, le moteur électrique est à ce moment précis moins énergivore que le thermique. En effet vous l'aurez remarqué lorsque vous regardez un match de foot à la télé il est plus difficile de se lever du canapé que, une fois debout, aller dans le frigo chercher sa bière ! Pour la voiture c'est donc pareil et le but est donc d'atteindre le plus "rapidement" possible sa vitesse de "croisière" (en fonction du type de parcours) en passant à la volée tous les rapports permettant de circuler dès que possible sur un filet de gaz en anticipant les ralentissements et autres freinages pas toujours utiles si l'on roule moins vite.

Le passage des vitesses doit être réalisé au bon régime. Sur les voitures assez récentes des programmes de passages des vitesses sont d'ailleurs visibles au tableau de bord. C'est là que la différence de motorisation a son importance puisqu'un moteur diesel tourne moins vite qu'un essence et peut travailler d'avantage sur son "couple". Si le surégime ruine tous les efforts en matière de consommation, il en est de même pour le sous régime qui, en plus, fatigue la mécanique. Ainsi en diesel la plage d'utilisation sera comprise entre 1200 et 2000tr/min, et pour un moteur essence elle sera comprise entre 1500 et 2500 tr/min. Petite nuance pour les blocs essences, les versions atmosphériques et donc démunies de suralimentation (turbo ou compresseur volumétrique) auront une plage d'utilisation et donc d'agréement plus élevée (avec une consommation supérieure).  

Une fois à la bonne vitesse, il faut être sur le bon rapport et gérer son allure par anticipation afin de ne pas freiner tardivement et inutilement, pour devoir relancer ensuite par le biais de la mécanique. D'ailleurs rien que de lâcher l'accélérateur permet de couper toute injection de carburant. Les véhicules hybrides exploitent en plus cette action en rechargeant les batteries...gratuitement. Seul le sous régime n'est pas bon puisque l'électronique intervient alors à votre insu pour réinjecter du carburant afin d'empecher au moteur de caler.

En ville l'utilisation du système stop/start est souvent pertinent. Pour qu'il fonctionne il faut que plusieurs paramètres soient réunis tels la batterie de démarrage correctement chargée, le moteur assez chaud, la climatisation non utilisée, la ceinture enclenchée.... Mais l'electronique veille au grain pour gérer le système à condition que vous n'ayez pas le pied sur l'embrayage ! Avec le recul de quelques années, il s'avère que le système est utile sauf dans les agglomérations connaissant de gros bouchons où une usure prématurée des démarreurs a été observée. Il est bon alors dans ces conditions de le couper manuellement. 

L'anticipation des freinages, des descentes et des montées constitue les derniers points. Une bonne lecture de l'environnement permet de moins freiner et relancer tout en respectant les priorités et les vitesses autorisées. Une vitesse particulièrement basse n'est pas forcement égale à une moindre consommation, c'est parfois l'inverse qui se produit du fait des sous régimes et des relances nécessaires chroniques. La conduite au régulateur est souvent conseillée sauf aux fortes montées où le respect de la vitesse demandée entrainera une surconsommation notable.

Mais au final quel gain ? Il est estimé à environ 15% pour le même véhicule et le même parcours avec une fourchette allant de - 0.5 litres pour les moins bons à - 1.5 litres pour les meilleurs ou plus exactement pour les moins regardants avant !

L'écoconduite est donc une nouvelle attitude au volant qui se veut ludique et bénéfique au final pour le porte monnaie. Consommer moins pour aller plus loin tel pourrait être sa devise. 

 Frédéric Bourdiaux 04/12/15

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